Les dix petits indiens de George Pollock

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Dix petits Nègres  d’Agatha Christie a été adapté au théâtre et au cinéma à de nombreuses reprises. La comparaison que je vais faire se base sur le film intitulé Les dix petits indiens réalisé par George Pollock en 1965. Il s’agit de la deuxième adaptation au cinéma, et je l’ai visionné bien avant de lire le livre.

En ce qui concerne le film, de nombreux passages diffèrent du livre. Pour commencer, l’histoire ne se passe pas sur l’île du Nègre mais dans un château en montagne. Cependant, il s’agit là aussi d’un huis-clos puisque les invités se retrouvent bloqués dans le château suite à une tempête de neige qui coupe tous les moyens de communication et les empêche de prendre le seul téléphérique qui pourrait les amener au village le plus proche.

Bien qu’il s’agisse d’un huis-clos dans le roman et dans le film, je trouve que la situation était plus angoissante dans le roman. En effet, au moment où ils arrivent sur l’île (par bateau), on voit bien que c’est le seul moyen pour eux de repartir et cela accentue le fait que quoiqu’il va se passer, personne ne pourra fuir.

Le film présente un avantage dans la mesure où il est nettement plus facile de se souvenir des personnages. Ces derniers sont nombreux et ni le film, ni le roman ne mettent l’accent sur un personnage en particulier ce qui rend d’autant plus difficile la mémorisation des caractères. Ils sont tous à égalité et de ce fait, ils peuvent tous être M. Owen, le coupable.

Il y a des différences également au niveau de la présentation des crimes commis. Dans le roman, Agatha Christie, nous présente tous les invités comme des coupables, des coupables dont on perçoit la faiblesse qui a poussé au meurtre et dont elle nous donne un aperçu de leur culpabilité, de leurs remords. Et je l’ai, personnellement, mieux ressentie à travers le livre. Dans l’adaptation, deux personnes sont présenté comme innocentes et la romance qui née entre ces deux personnages diminue le côté polar, ce que je regrette un peu. Leur romance n’est pas vraiment crédible, elle arrive beaucoup trop vite, surtout lorsque l’on sait qu’ils ne passent en tout et pour tout que deux jours dans ce château et qu’ils ne se connaissaient pas avant.

Les disparitions des petits indiens, diffèrent là aussi du roman. Le réalisateur profite du fait que le huis-clos se passe en montagne pour organiser les meurtres de manière plus spectaculaire. Comme, Madame Rogers qui – alors qu’elle meurt empoisonnée dans le livre – décide de quitter le château malgré le mauvais temps, dans le film et meurt dans le téléphérique, lorsque les câbles de la machine lâche après avoir été coupé.

Bien que les fins diffèrent, elles ont toutes les deux été écrites par Agatha Christie, puisque celle du film est celle qu’Agatha Christie a réécrite pour sa pièce de théâtre Dix petits Nègres.

L’adaptation est un bon film, mais j’ai préféré le roman. Lorsqu’on lit ce dernier, on est vraiment immergé dans une atmosphère quasi claustrophobique, atmosphère que ne parvient pas à créer l’adaptation.

« Dix petits Nègres s’en allèrent dîner.
L’un d’eux s’étrangla et il n’en resta plus que

Neuf.

Neuf petits Nègres veillèrent très tard.
L’un d’eux oublia de se réveiller et il n’en resta plus que

Huit.

Huit petits nègres voyagèrent dans le Devon
L’un d’eux voulut y rester et il n’en resta plus que

Sept

Sept petits nègres coupèrent du bois avec une hachette.
L’un d’eux se coupa en deux et il n’en resta plus que

Six.

Six petits nègres jouèrent avec une ruche.
Une abeille a piqué l’un d’eux et il n’en resta plus que

Cinq.

Cinq petits nègres étudièrent le droit.
L’un d’eux devint avocat et il n’en resta plus que

Quatre.

Quatre petits nègres s’en allèrent en mer.
Un hareng saur avala l’un d’eux et il n’en resta plus que

Trois.

Trois petits nègres se promenèrent au zoo.
Un gros ours en étouffa un et il n’en resta plus que

Deux.

Deux petits nègres s’assirent au soleil.
L’un d’eux fut grillé et il n’en resta donc plus qu’

Un.

Un petit nègre se trouva tout seul.
Il alla se pendre et il n’en resta plus

Aucun….»

Extrait du livre.

Lauren.

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